Se déplacer à Troyes
À Troyes, la question des mobilités est devenue un enjeu central du quotidien.
Elle conditionne l’accès au travail, aux soins, aux commerces, à l’école, et plus largement l’attractivité de la ville.
Aujourd’hui, se déplacer est trop souvent vécu comme une contrainte, parfois comme une source de tension ou d’exclusion.
Repenser les mobilités n’est donc pas un sujet technique : c’est un choix politique structurant, déterminant pour la qualité de vie et l’avenir de Troyes.

Le tram ou le BHNS : pourquoi, pour quoi, et à quelle échéance
La future organisation des transports devra s’appuyer sur deux grandes lignes structurantes, nord–sud et est–ouest, constituant la véritable colonne vertébrale du réseau.
Le choix entre tramway et Bus à Haut Niveau de Service ne doit pas être idéologique :
il dépendra du coût, de l’efficacité réelle, des contraintes techniques et urbaines, et d’un travail rigoureux avec les ingénieurs, les urbanistes et les communes de l’agglomération.
Le tramway poursuit deux objectifs stratégiques indissociables :
Permettre aux visiteurs venant de la périphérie d’accéder facilement au centre-ville, grâce à des parkings de délestage bien positionnés, bien équipés et directement connectés au réseau, afin de diminuer la présence automobile au cœur de Troyes.
Offrir aux habitants de la ville un moyen simple et fiable de rejoindre la périphérie, notamment pour travailler, étudier ou accéder à des services.
👉 Le schéma de transports devra être explicitement conçu dans ce double sens : centre ↔ périphérie.
Un projet de cette ampleur engage la ville pour plusieurs décennies.
Il devra être assorti d’un calendrier clair.
Enfin, la réflexion sur les perspectives futures des transports ne doit en aucun cas occulter les nécessités urgentes du quotidien.
Certaines mesures doivent être mises en œuvre sans attendre, à commencer par le retour effectif des bus en centre-ville, indispensable pour garantir l’accessibilité immédiate, soutenir le commerce et répondre aux besoins des habitants.
Les 10 propositions pour la mobilité
- Deux lignes structurantes fortes, lisibles et continues à l’échelle de l’agglomération (tram ou BHNS).
- Un réseau de bus organisé en toile d’araignée autour de ces axes majeurs.
- Une rocade intercommunale reliant les communes sans passage systématique par le centre.
- Des arrêts de bus et stations sécurisés, accessibles, confortables et identifiables.
- Une information voyageurs fiable et en temps réel.
- Un réseau cyclable continu, protégé et homogène sur les grands axes.
- Une véritable politique des trottoirs, centrée sur l’accessibilité et la sécurité.
- L’intégration apaisée et organisée des trottinettes.
- Un stationnement automobile lisible, non punitif, avec de nombreux dépose-minute.
- Une approche équilibrée des mobilités, fondée sur la complémentarité des usages.
Une transformation progressive et coordonnée
Rééquilibrer, améliorer et sécuriser les mobilités à Troyes nécessitera plusieurs années.
Il faudra :
Projeter les lignes de tram,
Réorganiser en profondeur le schéma de bus autour de ces axes structurants,
Créer un véritable réseau continu de pistes cyclables,
Repenser le stationnement, en particulier par le développement massif de zones de dépose-minute aux abords des écoles et des commerces de bouche.
Les différents modes de transport devront être pensés comme complémentaires :
venir au tram à vélo, emporter son vélo à bord, poursuivre ensuite son trajet, ou encore imaginer des services de livraison des achats vers les parkings de délestage.
👉 C’est cette articulation intelligente des usages qui permettra une mobilité efficace, fluide et apaisée.
Conclusion
Le tram, les bus et plus largement l’organisation des mobilités relèvent en grande partie de Troyes Champagne Métropole.
Il serait illusoire de croire que la Ville peut décider seule.
Mais sur l’un des sujets les plus importants pour l’attractivité, le commerce et la vie quotidienne des habitants, il est essentiel que le point de vue de Troyes soit clairement formulé et entendu.
Les mobilités façonnent la ville bien au-delà des voiries :
elles structurent les usages, l’économie et le vivre-ensemble.
C’est pour cette raison que ce débat doit être conduit ouvertement, collectivement et avec ambition, car il engage directement la Troyes de demain.
Les transports une responsabilité d'élue
Il est temps d'avoir une vraie vision ambitieuse !
Réfléchir aux transports d'hier pour repenser ceux de demain : une responsabilité d’élue
En découvrant récemment une exposition consacrée à Troyes dans les années 1950 à 1970, un détail m’a frappée. C’était la diversité des modes de transport déjà présents à l’époque : la micheline, le tramway, les bus. Un véritable réseau, pensé, connecté, au service de la population. Ce voyage dans le passé m’a poussée à m’interroger, en tant qu’élue responsable, sur les choix que nous avons faits ces trente dernières années. Avons-nous réellement placé la mobilité au cœur de nos politiques publiques ?

Car aujourd’hui, il n’existe pas un seul de mes interlocuteurs qui ne me parle des transports. Soit pour se plaindre de l’offre à l’intérieur de la ville de Troyes, soit pour déplorer les liaisons insuffisantes vers Paris, Reims ou même entre les communes de notre propre agglomération. C’est un signal fort : la mobilité est devenue un facteur de rupture, d’isolement, parfois même d’injustice sociale. Et pourtant, c’est aussi un levier de dynamisme, de cohésion, d’écologie.
Ce qui manque cruellement aujourd’hui, c’est une vision structurée, une conception des transports par quartier, basée sur les flux réels de population. Où sont les études précises sur les besoins ? Où sont les concertations larges avec les habitants, les usagers ? Nous avons trop souvent empilé des solutions techniques sans penser les continuités : des routes dégradées, des pistes cyclables sans cohérence, des horaires de bus peu adaptés à la vie quotidienne.
Pire encore, le service de transport public s’est dégradé année après année : fréquence en baisse, lignes supprimées ou mal adaptées, manque de régularité… Ce n’est pas ainsi que l’on encourage les habitants à délaisser leur voiture individuelle, ni que l’on accompagne les plus vulnérables dans leurs déplacements du quotidien.
Il est temps de redonner aux transports leur place centrale dans la politique urbaine. Ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Pour cela, il faut :
Une réelle concertation citoyenne ;
Des investissements ciblés sur les mobilités douces et collectives ;
Une vision à long terme, pensée à l’échelle de l’agglomération et des interconnexions avec les grandes villes régionales ;
Et surtout, une volonté politique ferme, pour ne plus subir, mais construire.
En regardant les archives de notre ville, je vois qu’autrefois, on osait inventer, expérimenter, relier. C’est cet esprit qu’il nous faut retrouver. Les transports ne doivent plus être une source de frustration, mais un outil de transformation. Pour une ville plus juste, plus fluide, plus vivable..
Mobilité à Troyes : l’urgence d’une refonte cohérente
Il est 12h04, boulevard du 14 juillet, lorsque Loëtitia Beury observe une scène révélatrice :
une navette gratuite arrive au même moment qu’un bus payant du réseau traditionnel.
➡️ Pour l’usager : confusion totale.
Deux services qui se superposent, deux circuits, deux tarifications… sans aucune logique d’ensemble.

Un symptôme d’un problème bien plus profond
Cette situation illustre :
- un manque de vision globale,
- l’absence de hiérarchisation des modes de transport,
- l’empilement de dispositifs sans cohérence.
Depuis plusieurs décennies, la mobilité est le parent pauvre de l’action municipale à Troyes.
Des signaux d’alerte bien visibles
- Des chaussées dégradées
Les voies empruntées par les bus se sont abîmées, faute d’entretien et de planification.
- La suppression des bus du centre-ville
Décision majeure et lourde de conséquences :
- modification profonde des habitudes,
- pénalisation des personnes sans voiture,
- création d’un désert de mobilité là où se trouvent pourtant commerces, services publics, santé, culture.
- Une erreur stratégique : retirer les bus du cœur de ville
En privant le centre de transports structurants :
- on affaiblit son attractivité,
- on allonge les trajets,
- on complique l’accès aux commerces,
- on augmente la dépendance à la voiture.
➡️ Cette décision a fracturé la logique de réseau et isolé davantage certains quartiers.
La navette gratuite : un symbole… mais un échec fonctionnel
Pensée pour être écologique et attractive, la navette :
- fonctionne en parallèle, pas en complément,
- crée une concurrence artificielle avec les bus,
- brouille la tarification,
- ajoute de la confusion au lieu de simplifier les déplacements.
➡️ Une décision davantage tournée vers l’image que vers une stratégie réelle.
Il est possible de faire autrement
Loëtitia Beury propose une refonte complète de la mobilité troyenne, fondée sur 3 principes clés :
- Cohérence
Revoir les tracés, structurer le réseau, articuler les modes.
- Lisibilité
Un réseau clair, compréhensible, simple pour les habitants.
- Accessibilité
Des transports pensés pour les usages réels et accessibles à tous.
➡️ Une approche pragmatique, basée sur les besoins des Troyennes et des Troyens — pas sur des choix improvisés.
Une vision ambitieuse pour Troyes
Troyes doit retrouver :
- une stratégie de mobilité durable,
- un réseau public clair et efficace,
- un système équitable pour tous.
C’est cette vision que défend Loëtitia Beury, convaincue que :
Une ville accessible est une ville vivante, attractive et résiliente.
Quartier des Marots
Trottinettes en ville : quelles règles pour une circulation plus sûre ?
Les trottinettes électriques ont révolutionné la mobilité urbaine, mais leur présence croissante pose des défis en matière de sécurité et de cohabitation avec les autres usagers.
Quelles sont les règles en vigueur en ville ?
- Interdiction de transporter un passager : Une trottinette électrique est conçue pour une seule personne. Transporter un enfant ou un adulte augmente considérablement les risques d’accident.
- Vitesse limitée : En ville, la vitesse des trottinettes est généralement limitée à 25 km/h. il faudrait même des zones à vitesse réduite, notamment dans le centre-ville ou à proximité des écoles.
- Interdiction sur les trottoirs : La circulation des trottinettes n’est pas autorisée sur les trottoirs, sauf si la mairie l’autorise expressément. Les utilisateurs doivent emprunter les pistes cyclables ou la chaussée, en respectant le code de la route.
- Stationnement réglementé : Il est interdit de laisser une trottinette en libre-service n’importe où. Des zones de stationnement spécifiques sont mises en place pour éviter l’encombrement des trottoirs.
- Respect des autres usagers : En ville, trottinettes, piétons, vélos, bus et voitures partagent l’espace public. Il est donc essentiel d’adopter une conduite prudente, de respecter les feux et les priorités, et de ne pas rouler en sens interdit.
Je pense qu’il faut aller plus loin et instaurer des réglementations spécifiques :
Zones interdites aux trottinettes dans les hypercentres.
Obligation d’un stationnement strictement encadré.
Campagnes de sensibilisation et contrôles renforcés
- Vers une mobilité plus sûre et mieux organisée à Troyes !

